mercredi 20 août 2008

Parlons-en...


Pesticides ou l’avenir de l’humanité en danger… *

Pesticides, produits phytosanitaires, produits phytopharmaceutiques, produits agropharmaceutiques ou tout simplement produits de traitement… ils sont tous des "poisons", utilisés pour tuer les insectes (insecticides), les herbes (herbicides), pour lutter contre certaines maladies (fongicides) ou tout simplement utilisés dans nos maisons, nos champs ou dans nos jardins afin de se débarrasser de certaines espèces animales nuisibles. De nombreux autres usages existent : l’entretien des routes, des aéroports et des voies de chemin de fer ; l’entretien des parcs et des jardins publics, les opérations de dératisation…

Quelle que soit le moyen d’épandage ou de pulvérisation utilisé, le lieu et le temps d’application d’un pesticide, seule une partie de la quantité épandue atteindra réellement l’herbe indésirable, l’insecte ravageur ou indésirable… bref la cible visée. Le reste du produit, presque 10% est diffusé dans l’air, dans l’eau ou dans le sol et peuvent affecter de par leur toxicité l’homme ainsi que toutes les espèces vivantes.
Nous aimons nos foyers, nos maisons avec leurs petits jardins, ce sont des refuges où nous sommes à l’abri du monde extérieur. Malheureusement, nous ne sommes certainement pas à l’abri des cancérogènes. Ceux-ci peuvent entrer dans nos foyers de plusieurs façons. En voici quelques-unes :

1 - Dans les insecticides et les herbicides que nous épandons sur nos pelouses et dans nos jardins et qui sont épandus sur les produits agricoles que nous consommons. L’herbicide 2,4-D (qui fait partie du groupe des herbicides chlorophénoxylés) a été classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) parmi les substances qui sont peut-être cancérogènes pour les humains. Le 2,4-D est produit et vendu sous la marque Roundup.

2 - Dans les produits de beauté, qui peuvent contenir différents cancérogènes tels que la diéthanolamine (DEA), le formaldéhyde et le talc contaminé à l’amiante. Les femmes courent plus de risques que les hommes parce qu’elles ont tendance à employer plus de lotions et de cosmétiques qu’eux. Il n’est pas question de cesser d’utiliser ces produits mais je pense qu’il est important d’être vigilant à ce qu’on emploie, autrement dit, s’informer pour que le regard ne soit pas barré par l’inattention, et surtout ne pas croire qu’on est à l’abri par rapport aux autres.

3 - Sous forme de contaminants de l’eau potable, comme par exemple l’arsenic et les trihalométhanes qui se forment à la décomposition du chlore qui est ajouté à la majeure partie de l’eau potable canadienne.
Selon le service statistique du ministère chargé de l’environnement, IFEN (Institut Français de l’environnement), la contamination des eaux par les produits phytosanitaires n’est pas négligeable, les résultats agglomérés au niveau français donnent les chiffres suivants :

=> pour les eaux de surface : 130 substances détectées au moins une fois, 70% des stations touchées ;
=> pour les eaux souterraines : 86 substances détectées au moins une fois, 53% des stations de mesures touchées.

Certains aliments préparés à base de viande contiennent des nitrites servant à les conserver et à leur permettre de garder plus longtemps leur couleur rose et leur apparence de fraîcheur. Les nitrites se combinent aux amines naturellement présentes dans la viande pour former de la N-nitrosodiméthylamine, classée par le CIRC parmi les substances probablement cancérogènes pour l'être humain.

Partout dans le monde, aux Etats-Unis, au Canada, en France, au Royaume-Uni, en Suède… des éminents chercheurs ont fait des études "alléchantes" et ont établi un lien entre l’exposition aux pesticides et le risque de cancer. Selon Isabelle Baldi de l’université Victor Sigalen de Bordeaux2, en ce qui concerne les effets à long terme des pesticides sur la santé, il y a trois grands domaines à explorer :

=> Cancers ;
=> Troubles neurologiques ;
=> Anomalies de la reproduction.

La santé environnementale est aujourd’hui une question sociale qui englobe tous les genres de substances cancérogènes : les polluants environnementaux, les cancérogènes dans les aliments, les cosmétiques, les produits pharmaceutiques, les pesticides et les produits de consommation. Bien que nous devions changer ou modifier notre propre comportement, le principal outil pour lutter contre les cancers et diminuer les risques est le changement environnemental : des changements dans le milieu de travail et les conditions de travail, des changements dans la production alimentaire, dans nos maisons, dans la protection de l’environnement et des changements dans la recherche des solutions et des situations de prévention au sein de la société.

La perception du danger outre les aptitudes sensorielles, intellectuelles du sujet par rapport aux produits phytosanitaires est conditionnée essentiellement par le niveau de l’information de l’individu. Donc, il est clair qu’il est nécessaire de s’informer au sujet des produits chimiques et de leurs procédés d’emploi ; pour cela une discussion collective de tous les acteurs est incontournable afin de parvenir à réaliser ensemble le « demain désirable » si cher à notre ami Roch Jullien.

T.Chérif

* J'analyse l'épineux sujet des pesticides à travers une étude menée en partenariat avec le CNRS dans le cadre de mon stage de fin de cursus universitaire (Master 2 EGA - Université d'Artois)

NB : N’hésitez pas à vous informer davantage, car le sujet est compliqué et controversé, mais mérite une attention toute particulière.

http://naturopathie-psychotherapie.blogspot.com/2007_10_20_archive.html



mardi 5 août 2008

A la rencontre de...

photo © PF / Coeur d'Artois

L’Âne qui murmurait à l’oreille des Hommes…

Le titre est insolite, et l’image qui en découle, pour le moins surprenante. Et si c’était vrai ? Et si l’âne, objet de moquerie pour les uns, ou d’admiration pour les autres, nous donnait une petite leçon de vie du coin de l’oreille ?

Quentin du Ponchel, Macao du Bocage, Ugoline du Bouloud… Ces noms ne vous disent peut-être rien et pourtant, ils sont les acteurs pas ordinaires d’un petit territoire rural du Pas-de-Calais, le Pays du Ternois. Voyez ici que nous sommes légèrement sortis de notre périmètre d’observation habituel, le Pays d’Artois, pour nous rendre sur le territoire voisin. En effet, il est toujours appréciable d’observer ce que l’on n’a pas chez soi. Dans le langage territorial, on appelle cela du « benchmarking ». Et puis, remarquons également que le devoir de ce blog est de mettre en avant un ensemble d’initiatives ayant trait au développement durable. Pour le coup, avec l’association Au Pas de Cal’Anes, située à Le Ponchel, nous ne sommes en aucun cas hors-sujet. Explications.

L’histoire a commencé lorsque notre ami Anthony, m’a contacté dans le but de réaliser un article sur une association locale. Mais pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agissait de mettre en lumière une organisation aux actions multiples. De l’hébergement à l’animation touristique, de l’insertion sociale et professionnelle à l’asinothérapie, il y avait matière à dire et selon moi, un message fort à faire passer. C’est avec plaisir que je suis entré en contact avec Mr Germain Demoncheaux, président de l’association « Au Pas de Cal’Anes ». Nous nous sommes donc rencontrés récemment, Germain et moi, au siège de l’association, qui est aussi le domicile de ce grand homme, au demeurant sympathique et chaleureux.

Germain (au centre) et son équipe - photo © PF / Coeur d'Artois

Dans un premier temps, Germain est revenu sur les différentes étapes qui ont fait ce que l’association est aujourd’hui. Les premiers mots de notre interlocuteur fut d’emblée explicite : « un parcours du combattant ». Nous pouvons en conclure une nouvelle fois que l’on n’a rien sans mal, mais qu’avec du courage et de la volonté, on peut parvenir à réaliser de grandes choses. Le message est réaliste, dans l’ère du temps et il pousse, dès lors, à aller plus loin dans la compréhension. Créée en 2004, l’association a pour vocation première l’insertion sociale et professionnelle des jeunes. En effet, si nos campagnes gardent un charme indéniable, nous ne pouvons nier l’apparition de problèmes majeurs durant ces dernières années : chômage endémique, difficultés d’insertion sociale et professionnelle des jeunes, désocialisation, illettrisme, manque de formation qualifiante…etc. De ce simple constat et afin de relancer une dynamique locale d’insertion, l’association a décidé de développer des activités et des actions en lien avec l’asinerie (élevage d’ânes) et l’accueil touristique (gîte rural). Ainsi, l’asinerie compte une dizaine d’ânes du Cotentin de pure race, utilisés pour les randonnées et l’attelage. Ces ânes ont une histoire et c’est avec une grande joie que les membres de l’association se changent en conteurs d’un jour, à travers quelques balades au cœur de l’Authie. Mais ce qui est d’autant plus intéressant à savoir, c’est qu’il y a une jonction entre l’asinerie et l’activité hôtelière développée également par l’association. En effet, le pivot du projet social menée par « Au Pas de Cal’Anes » est un gîte rural de grande capacité, situé dans une vaste propriété, au cœur du village. Il est reconnu par le Comité Départemental du Tourisme ainsi que par le Conseil Général du Pas-de-Calais, dont ce dernier est en charge des dossiers relatifs à l’hébergement touristique en milieu rural. Malgré tout, les dirigeants de l’association ont reconnu que le gîte n’avait pas pu être rentabilisé ces dernières années en l’absence d’une réelle demande d’hébergement touristique. Cette situation a poussé l’association à développer l’accueil des personnes handicapées, dont la demande est constante. Ainsi, le gîte bénéficiera, à partir d’octobre 2008 du label Tourisme et Handicap. Dès lors, la Fondation de la Caisse d’Epargne a déjà attribué à l’association une subvention de 30 000 euros dans le but d’effectuer les travaux d’accessibilité. A ce sujet, Germain m’a expliqué que l’association accordait une grande importance à travailler avec les Fondations (AG2R notamment, qui reste un partenaire actif) et qu’elle n’hésitait pas de ce fait à se positionner sur les différents appels à projets lancés par ces mêmes Fondations. Mais ce qu’il faut avant tout comprendre, c’est l’effort réalisé pour construire un projet global, dit "structurant". Pour ce faire, l’association démontre une grande capacité à mobiliser ses partenaires (Europe, Etat, Collectivités locales, organismes divers…), malgré sa petite taille. Germain m'a aussi confié qu'il se penchait actuellement, avec son équipe, sur un projet de resocialisation des personnes handicapées par le biais des loisirs et de la culture. Une manière d'aborder une nouvelle fois la solidarité intergénérationnelle, un des nombreux principes du développement durable...

photo © PF / Coeur d'Artois

A la suite de notre conversation, Germain a chargé Fanny, salariée en insertion, de me faire visiter l’asinerie. Ainsi, les écuries sont bien aménagées et représentent un lieu confortable pour ces bêtes à quatre pattes. J’ai pu découvrir également les nouveaux box, parfaitement isolés, avec ces nids d’hirondelles encastrés. J’ai ensuite eu la chance de rencontrer les ânes, les véritables stars de la maison, bichonnés comme jamais par toute l’équipe. Finalement, on se demande pourquoi l’âne est encore de nos jours un sujet de raillerie tant il suscite l’émerveillement chez les petits tout comme chez les grands. Et puis, il est bon de rappeler que l’âne peut être également un parfait thérapeute. Avez-vous déjà entendu parler de l’asinothérapie ? Avant de connaître l’association, j’avoue n’avoir jamais eu connaissance de cette pratique, et pourtant elle est une réalité à part entière. En 2007, suite à l’attribution d’une subvention du FSE (Fonds Social Européen), l’association a mis en place un projet s’intitulant : vaincre le handicap avec l’âne thérapeute. Ainsi, l’asinothérapie s’est inscrit au cœur de ce dispositif.

Notre histoire touche à sa fin. Je vous invite désormais à vous rendre sur le site officiel de l’association, de vous inspirer ainsi de ces diverses initiatives, et pourquoi pas de contacter les représentants de cette association, qui vous accueilleront à bras ouverts
:

http://www.aupasdecalanes.com/

photo © PF / Coeur d'Artois

Pour conclure, je tiens à remercier Anthony pour m’avoir mis en contact avec l’association. Je remercie également Germain pour son accueil et sa chaleurosité. Avec cette association « Au Pas de Cal’Anes », nous comprenons mieux le slogan « Penser global, Agir local », qui prend ainsi tout son sens…

Pierre

mercredi 9 juillet 2008

Parlons-en...


Et la culture dans tout cela ?

Nous avons souvent tendance à sous-estimer la culture, voire à la mettre de côté. Et pourtant, sa présence est parmi nous quotidiennement. A cet égard, la culture ne désigne pas qu’un simple ensemble de pratiques succédant à la nature, elle doit avant tout se définir dans son sens le plus large. Nous avons décidé d’en parler aujourd’hui avec Mr MOHAND OUALI ARAB (espoirmd@yahoo.fr), étudiant en deuxième année de Master EGA à l’Université d’Artois (Pôle d’Arras). Celui-ci a effectué son stage de fin de cursus universitaire à la Direction Générale de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Arras (voir "Nb" en fin d'article). Avec lui, nous sommes longuement revenus sur le thème central de son étude : la culture et le mécénat d’entreprise.

Tout d'abord, un premier constat nous saute aux yeux. Si le mécénat est, d’une manière générale, un sujet d’actualité, il n’a, cependant, guère fait l’objet d’études approfondies durant ces dernières années. L’occasion était donc belle pour Mr ARAB et sa structure d’accueil (la CCI d’Arras) d’explorer ce vaste sujet, qui, au passage, présente de nombreuses opportunités.

Mais pour comprendre le mécénat, il faut avant tout revenir aux origines de cette notion. Caius Cilnius Mæcenas, ce nom ne vous dit peut-être rien. Le nom francisé « Mécène » un peu plus. Au temps de la Rome Antique, il fut un homme politique célèbre pour avoir consacré sa fortune et son influence à promouvoir les arts et les lettres. C’était pour la petite histoire. Mais nous comprenons néanmoins l’idée générale qui entoure aujourd’hui la notion de mécénat. Pour autant, il nous faut l’isoler d’une autre notion, celle du sponsoring. En effet, nous avons tendance à confondre les deux termes ou bien à évoquer l’un plutôt que l’autre. Si le mécénat et le sponsoring représentent des opérations de communication pour une entreprise, les intérêts ne sont pas les mêmes dans les deux cas. Une entreprise qui pratique le mécénat, le fait pour son image et dans le but de témoigner qu’elle n’est pas vouée qu’à la seule rentabilité économique. « Entreprendre une action de bienfaisance en direction d’une association et dans un but d’intérêt général ». Voilà l’esprit du mécénat, celui de mettre en avant l’esprit citoyen des entreprises. Il peut prendre ainsi différentes formes : mise à disposition de personnels, de biens, de services, aides financières…etc. Le sponsoring revêt également une question d’image, mais contrairement au mécénat, la dimension pécuniaire est présente. En effet, avec le sponsoring, l’entreprise recherche une rentabilité à court terme. A l’heure actuelle, les entreprises misent davantage sur le sponsoring que sur le mécénat. Malgré tout, depuis les années 1980, plusieurs acteurs ont essayé de relancé l’idée de mécénat au sein de la sphère entrepreneuriale. C’est le cas notamment de l’ADMICAL (Association pour le Développement du Mécénat Industriel et Commercial) créée en 1979. Il s’agit d’un organe de sensibilisation au mécénat d’entreprises ( http://www.admical.org/ ). Plus récemment, une loi a permis de faire évoluer le cadre du mécénat. En effet, en 2003, l’exécutif a voulu envoyer un signal fort : « l’Etat n’est pas le seul garant de l’intérêt général, la société civile (en particulier les entreprises) a un rôle à jouer ». La loi Aillagon de 2003 permet ainsi 60 % de déductibilité fiscale des dons effectués pour le mécénat d’entreprise. Celui-ci représente donc une belle et réelle opportunité, qu’il s’agit de saisir au bon moment. Comme le souligne notre interlocuteur du jour, « le sponsoring est une question claire, alors que le mécénat est de nature beaucoup plus subtile ».


Par conséquent, le mécénat et plus principalement sa territorialisation méritent un sérieux éclairage. Prenons un premier exemple : Lille 2004, capitale européenne de la culture. Toutes les manifestations qui se sont déroulées durant cet événement n’auraient pu avoir lieu sans le concours de nombreux mécènes. Aujourd’hui, nous reconnaissons tous le succès de Lille 2004, y compris l'élan dynamique que celui-ci a pu entrainer pour l’ensemble de la Métropole lilloise. Preuve que la culture peut servir de vecteur essentiel au développement d’un territoire. Grâce à cet engouement, la région Nord-Pas-de-Calais, a décidé de porter, tous les deux ans, la culture au devant de la scène. Ainsi, en 2007, Valenciennes a été désignée comme « capitale régionale de la culture ». Des entreprises-mécènes ont pu ainsi participer à ce projet. Au niveau de la motivation des entreprises, soit celles-ci se positionnent en tant qu’acteur-volontaire du projet, soit elles peuvent répondre à des demandes formulées par des associations ou des organisations. C’est le cas notamment pour le projet Louvre 2 à Lens. A cet égard, nous vous invitons à lire ce présent lien, pour mieux comprendre: http://www.louvrelens.fr/fr/soutenir-projet.html

Le mécénat se doit donc d’intéresser l’ensemble des acteurs, sans exception. Par ailleurs, concernant notre terrain d’observation, nous pouvons dire que le territoire arrageois a un rôle primordial à jouer. Pour l’heure, nous constatons sur ce territoire qu’aucune dynamique n’est visible autour du mécénat. Il s’agit, pour le moment, de quelques actions isolées. Et pourtant, à l’heure où la « ville durable » est mise en lumière par les élus, ne serait-il pas judicieux de se pencher rapidement sur ce dossier ? Par bien des aspects, comme le rappelait Mr Arab, la culture entre dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises (RSE), et donc plus généralement dans la sphère du développement durable, celle qui concerne l’ensemble du territoire. Nous avons déjà pu observer que des structures, comme le CPIE-Villes de l’Artois (Arras) considéraient la culture comme un axe incontournable du développement durable :
http://www.cieu.org/spip.php?article87 .

Pour résumer, le mécénat d’entreprise, c’est un domaine de prédilection : la culture. Néanmoins, le mécénat solidaire, de l’environnement, de la recherche et du sport sont autant d’autres domaines sur lesquels les entreprises peuvent se positionner. Le mécénat d’entreprise, c’est aussi plusieurs enjeux : la communication (image et reconnaissance), la fiscalité (déductibilité fiscale), les réseaux (vecteur de développement local), le management (la RSE). Le mécénat d’entreprise, c’est également une attitude philosophique, une question d’éthique, qui vise l’intérêt général (le grand public), contrairement au sponsoring qui vise une cible plus restreinte. Mais le mécénat, c’est avant tout la rencontre et l’échange. Pour le moment, il subsiste encore un grand nombre de méfiances entre le milieu entrepreneurial et le tissu associatif. Les deux mondes se tournent encore le dos, et pourtant, dieu sait qu’ils ont sûrement des choses à se dire… Une réponse locale est attendue prochainement. A noter que si la CCI d'Arras a fait appel à un étudiant de l'Université d'Artois pour examiner d'une manière générale la thématique du mécénat, c'est qu'elle entend réaffirmer son rôle de relais majeur pour le territoire, d'impulseur de dynamiques. Rappelons que les principales missions de la CCI sont d'informer, de former et de sensibiliser les acteurs économiques. La thématique du mécénat entre dans ce cadre d'action. Elle aura ainsi l'occasion de pouvoir développer ce sujet dans les mois à venir, en se basant sur la présente étude réalisée par Mr Arab.

PF

Nb: En 2010, les trois Chambres de Commerce et d'Industrie d'Arras, Béthune et Lens donneront naissance à la CCI DE l'ARTOIS. Au regard de ce présent article, ce dernier élément est de grande importance.

jeudi 19 juin 2008

Parlons-en...

crédits photos: Luc Coveliers - ADAV/ARRAS.

A l’heure de la Petite Reine

« Le Vélo dans tous ses états », ce titre aurait également pu être privilégié, tant le vélo est au cœur de l’actualité depuis ces dernières années. Au rayon des scandales le plus souvent. Malgré tout, les affaires de dopage dans le cyclisme mondial n’ont, heureusement, pas trop altéré l’image que véhicule le vélo en lui-même, symbole de liberté. En effet, celui-ci n’est pas qu’un simple outil de compétition, il est encore, et surtout, un outil de loisirs et… de plaisir. Nous pouvons même dire qu’il est devenu, pour certains, un compagnon de route au quotidien.

Sacoche de travail dans le panier, cravate au vent… Cette image là est de plus en plus visible dans les rues des grandes villes. Le Vélib’ à Paris, le Vélo’v à Lyon, et des initiatives similaires qui voient le jour dans la plupart des agglomérations. Oui, le vélo marque sa présence et il va s’imposer davantage dans les mois à venir, notamment au regard des enjeux économiques et environnementaux actuels. Les économies de carburant ainsi que la prise en compte de la pollution urbaine constituent, en effet, deux bonnes raisons de se pencher un peu plus sur le dossier « déplacements urbains ».

L’occasion pour nous de mettre en lumière une association régionale qui œuvre localement, notamment sur l’arrageois. Il s’agit de l’ADAV (Association Droit Au Vélo). Créée en 1982, cette association s’est donnée pour but de promouvoir le vélo comme moyen de déplacement, d’améliorer la sécurité des cyclistes et de les représenter dans la région Nord-Pas-de-Calais. Elle mène aussi avec ses adhérents des actions de sensibilisation et d’information et propose des solutions d’aménagement de la voierie. A ce titre, elle est une véritable force de proposition auprès des différentes instances.


crédits photos: Luc Coveliers - ADAV/ARRAS.

Nous sommes donc entrés en contact avec Mr Luc Coveliers, responsable de la section arrageoise de l’ADAV. Celui-ci est revenu, pour nous, sur un récent événement, la fête du vélo, où un certain nombre d’actions ont été organisées en ce samedi 07 juin sur Arras. « Cette opération a été un succès », selon Mr Coveliers. Pourtant, il n’a guère fait un temps agréable, surtout au matin, mais les responsables de l’ADAV ont quand même pu rencontrer une trentaine de personnes sur le stand d’informations qui était mis en place devant le Beffroi de l’Hôtel de Ville d’Arras et ce durant une bonne partie de la mâtinée. Puis, une balade ouverte à tous était organisée l’après-midi, afin de montrer que le vélo est possible à Arras. Luc Coveliers a pu dénombrer près de soixante-dix personnes au départ de la balade, mais ce qui a le plus interpelé le responsable de l’ADAV/ARRAS, ce sont les nombreuses demandes adressées à l’association afin que « les choses bougent sur Arras ». Preuve en sont les nombreux mails reçus du public afin d’être informé des actions de l’association arrageoise.



crédits photos: Luc Coveliers - ADAV/ARRAS.

A l’heure où la ville se pense durablement, la thématique « vélo » se doit d’être un axe fort de la politique urbaine. Nous aurons donc l’occasion de revenir plus en détails sur cette dernière, en interrogeant les acteurs concernés (élus, services municipaux, associations locales et usagers…).

En attendant, retrouvez un dossier très intéressant publié récemment dans la Voix du Nord : « Circuler à vélo à Arras : chemin de croix ou véritable alternative ? ».

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Arras/actualite/Secteur_Arras/2008/06/01/article_circuler-a-velo-a-arras-chemin-de-croix.shtml

N’hésitez pas, non plus, à entrer en contact avec les responsables de l’ADAV/ARRAS dont voici les coordonnées :

Antenne de l’ADAV d'ARRAS - Maison des Sociétés - 16, rue Aristide Briand - 62 000 ARRAS - mail : arras@droitauvelo.org - site web :
http://www.droitauvelo.org/ (rubrique "l'ADAV à Arras").

PF

mardi 10 juin 2008

Retour sur Terre...


A la Saint Médard,

le soleil au rendez-vous…

« S’il pleut à la Saint Médard et que la Saint Barnabé ne lui coupe le pied, il pleut quarante jours plus tard ». On connaît tous ce fameux dicton, cher aux acteurs du monde rural. Fort heureusement, il n’a pas plu en ce dimanche de début juin. Le présage d’un bel été ?

Toujours autant de monde sur les routes en ce week-end. Mais un trajet touristique néanmoins différent. La terre a remplacé le sable fin de la Côte d’Opale pour trois jours. La mer s’est ainsi effacée au profit des 28 hectares du site dédié à l’événement « Terres en Fête » à Tilloy-les-Mofflaines (Arras).

Et pourtant, l’inauguration du plus grand salon agricole au Nord de Paris fut particulièrement « arrosée » en ce vendredi, de quoi refroidir les ambitions des organisateurs… Une pluie qui, malgré tout, n’empêchait pas les officiels de s’étendre sur cette gigantesque opération de séduction du monde rural. Ainsi, Jean-Bernard Bayard, président de TERRES EN FÊTE et président de la Chambre Régionale d’Agriculture a d’ailleurs admis, dans son discours introductif, que cette manifestation régionale, était une « formidable occasion de lancer le débat entre professionnels et grand public sur le devenir de l’agriculture ». Une satisfaction reprise par le président de la Région Nord-Pas-de-Calais, Daniel Percheron, qui « s’est engagé avant la fin de l’année à dégager des fonds pour le prochain Terres en fête. Conscient qu’il est de l’importance d’une telle vitrine de l’agriculture régionale, moteur de notre économie et des défis qu’elle a à relever. Dont nourrir de plus en plus d’habitants en préservant l’environnement ».

Si les organisateurs gardent le sourire, c’est que le succès de Terres en Fête n’a jamais été démenti. Certes, il est encore trop tôt pour connaître le nombre exact de tickets vendus durant ce long week-end, mais il est bon de rappeler qu’en 2006, le salon avait attiré plus de 80 000 personnes. De quoi remplir un Stade de France. Impressionnant.

La mise en place d’un tel événement représente ainsi un axe fort de la communication du Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais (et ses partenaires), sur lequel elle peut s’appuyer pour construire sa politique de développement durable. En effet, si aujourd’hui, le développement durable n’est qu’une succesion de mots et de belles promesses sur le papier, « Terres en Fête » montre qu’il est néanmoins possible de réunir, sur le terrain, un ensemble d’acteurs et de les faire travailler ensemble, car l’événement rassemble bien au-delà du seul univers des agriculteurs. Partenaires publics (Chambres d’agriculture, Collectivités locales, Territoires, Fédérations, associations…etc.) et partenaires privés (banques, assurances,…etc.), unis pour témoigner de l’existence du monde rural,… unis pour changer les stéréotypes et… unis pour montrer les formidables opportunités de l’agriculture de demain.

Il faut donc retenir plusieurs enseignements de cette manifestation. D’une part, il semble que sans une bonne communication et sans une mise en réseau de nombreux acteurs, ce type d’événement n’aurait jamais lieu. Il faut souligner à juste titre le remarquable travail des organisateurs, en espérant que les prochaines éditions seront du même acabit. A noter, qu’en parcourant les différents chapiteaux et autres stands, un mot est souvent revenu à l’oreille : la qualité. Preuve de l’envie des professionnels de valoriser leurs activités et leurs produits dans ce noble sens. Un public qui ne pourra qu’être satisfait de cet état d’esprit…

PF

lundi 2 juin 2008

A la rencontre de...


Les Champs du Possible…
(2ème partie)

Savy-Berlette, au cœur de la Communauté de Communes de l’Atrébatie. Petite commune rurale, où est implantée, cependant, un lycée d’enseignement agricole privé. Elle n’est donc pas sans richesse. Les éditions du Téléthon organisées chaque année à Savy-Berlette sont d’ailleurs connues et reconnues comme étant les plus mobilisatrices de la Région Nord-Pas-de-Calais. Mais « revenons à nos moutons », à cette dernière journée auprès des agriculteurs. L’occasion d’interroger Chérif sur ses premières impressions après l’enquête menée sur le terrain.

Pierre : Ton enquête de terrain auprès des agriculteurs du Pays d’Artois vient de se terminer avec cette dernière journée à Savy-Berlette, quelles sont tes premières impressions ?

Chérif : Je citerai d’abord un élément historique. Le 25 février 1949 à l’Assemblée Nationale, Pierre Pflimlin, alors ministre de l’agriculture, martelait : « Il n’y a pas de meilleurs moyens de faire sortir l’agriculture de ses difficultés présentes que de mettre à la disposition de tous les cultivateurs, les conquêtes du progrès technique et du progrès scientifique ». Ma première impression s’oriente donc vers la mutation du métier d’agriculteur. Depuis plus d’un demi-siècle, le métier d’agriculteur s’est profondément transformé sous l’impulsion de plusieurs influences : les transformations internes du milieu professionnel agricole, les innovations technologiques ainsi que les nombreuses attentes éthiques de la société. L’enquête que nous avons entreprise m’a permis de constater cette évolution. Le temps de la binette est révolu. Place aux pulvérisateurs, aux engrais chimiques. L’agriculteur est devenu le chef d’entreprise, calcule ses coûts, analyse ses marchés, s’adapte aux évolutions institutionnelles, réglementaires, politiques, commerciales et environnementales. Ainsi, la gestion des risques, qui est au cœur de mon étude, prend tout son sens. En effet, les risques du « noble » milieu agricole ont fortement augmenté : l’utilisation massive des produits phytosanitaires entraînent des risques sanitaires et des externalités environnementales négatives… souvent irréversibles. Sans compter les risques accidentels, les risques financiers… Rien n’est négligeable lorsque l’on évoque les risques d’une profession. Les agriculteurs en sont majoritairement conscients. Ainsi, à la fin de notre enquête, nous pouvons dire que plus de 50 % des agriculteurs interrogés sont conscients d’être soumis à un risque très élevé d’intoxication. Enfin, outre les statistiques que l’on pourra établir, je retiens avant tout du monde agricole, l’hospitalité sans limite et la convivialité qui se dégagent de tous ses acteurs. De Savy-Berlette à Neuville-Saint-Vaast, de Souastre à Grand-Rullecourt, en passant par Boiry-Sainte-Rictrude, je n’oublierai jamais, et je garderai comme premier souvenir cette première journée ensoleillée, nous étions alors réunis autour d’un barbecue, on me parlait en ch’ti, on me racontait les histoires de la région, la transformation du monde agricole, l’Europe, les bio-carburants…

Pierre : Peux-tu nous en dire plus sur les étapes qui vont suivre ton enquête de terrain ?
Chérif : Depuis le 23 mai, l’enquête de terrain est clôturée. Nous avons pu rencontrer en tout près d’une soixantaine d’agriculteurs du Pays d’Artois. Toutes les réponses aux questions doivent désormais être traitées et les premières statistiques sortiront d’ici peu. Viendra ensuite le temps de les analyser, de les commenter et d’entamer la rédaction finale (en incluant l’ensemble des observations de mon enquête dans mon mémoire universitaire). Ma soutenance se déroulera quant à elle à la fin du mois de juin / début juillet.

Pierre : Enfin, de par l’enquête que tu viens de mener, quel regard portes tu sur l’agriculture de la Région ?
Chérif : Il faut noter, tout d’abord, que l’opération de collectes des films plastiques agricoles usagés (qui nous a permis d’entrer en contact direct avec les agriculteurs) est un geste nécessaire dans la préservation de notre environnement et de gestion des risques sanitaires. Un acte responsable. C’est pourquoi, la présence sur le terrain, au côté des agriculteurs, d’animateurs comme Julien Lecouffe (GRDA/Chambre d'Agriculture du Pas-de-Calais) est primordiale. C’est le développement local par excellence, celui qu’ont pu nous enseigner nos professeurs. L’action que mène Julien est donc essentielle, car il joue parfaitement le rôle de relais pour un territoire. En partageant ses journées entre les agriculteurs, les collectivités territoriales et les associations, il nous montre à quel point il est important de communiquer et d’installer un climat de confiance dans un système donné. C’est, selon moi, le préalable à tout objectif de responsabilité et de durabilité.

jeudi 29 mai 2008

Demandez le programme...


8ème édition
de "Terres en Fête"
du 06 au 08 juin 2008
àTilloy-les-Mofflaines (ARRAS)

Considérée comme la plus grande ferme au Nord de Paris, « Terres en Fête » recrée une large vitrine de l’agriculture française, ... celle qui ne triche pas avec la réalité. Des animaux de la ferme aux productions végétales, de la valorisation du matériel agricole et des produits du terroir, en passant par la mise en place de stands spécifiques (avec notamment le Pôle Chasse) ... C'est autant d’animations au cœur même des 20 hectares du site.
A noter que la journée du vendredi 06 juin sera destinée aux visites gratuites des scolaires. En effet, pour permettre aux écoles de découvrir les plus beaux spécimens d’élevages, les grandes cultures agricoles, et de participer activement à de multiples animations sur l’agriculture, le comité d’organisation de « Terres en Fête » offre la possibilité à toutes les classes du primaire et du collège de la Région de visiter gracieusement le salon.
Pour informations, le tarif d'entrée est fixé à 6 euros (gratuit pour les enfants de moins de 12 ans). Les horaires d'ouvertures: de 9h à 19h sur l'ensemble des 3 jours. Retrouvez le programme complet sur le site officiel: www.terres-en-fete.com/